Règlements

Réglementation des locations de courte durée à Paris (2026)

Paris plafonne la location d'un logement entier en courte durée à 90 nuits par an pour la résidence principale, tandis que les résidences secondaires nécessitent une autorisation de changement d’usage et des paiements de compensation. Ce guide explique les règles locales, les obligations d’enregistrement et les sanctions auxquelles s’exposent les exploitants en cas de non‑conformité.
By Richard White
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Paris applique certaines des règles les plus strictes d’Europe en matière de locations de courte durée. Si vous louez un logement entier qui est votre résidence principale, vous ne pouvez le proposer que 90 nuits par année civile. Les problèmes commencent lorsque vous dépassez cette limite ou que vous mettez en location une résidence secondaire, car vous entrez alors dans le champ du changement d’usage avec des coûts de compensation et, depuis la Loi Le Meur de 2024, des amendes beaucoup plus lourdes. En vertu des récents règlements de l’UE, la Mairie reçoit également des données mensuelles de réservation provenant des plateformes, si bien que la conformité n’est plus une estimation mais est suivie.

Dans cet article, nous détaillerons les règles et régulations parisiennes en matière de locations de courte durée, et ce que les exploitants doivent faire pour rester en conformité.

Vue d’ensemble des règles sur les locations de courte durée à Paris

À Paris, vous pouvez louer votre résidence principale (logement entier) pour un maximum de 90 nuits par an, un plafond local entré en vigueur le 1er janvier 2025. Tout ce qui dépasse — et toute résidence secondaire, quel que soit le nombre de nuits — requiert une autorisation de changement d’usage assortie d’un paiement de « compensation » destiné à compenser la suppression d’un logement du parc résidentiel. L’usage non autorisé entraîne désormais des amendes pouvant aller jusqu’à 100 000 € par logement en vertu de la Loi Le Meur de 2024, qui encadre la location courte durée et accroît les pouvoirs des collectivités locales.

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Définition et plafond de nuits

Un meublé de tourisme est un logement meublé — appartement, maison, studio — loué à des clients de passage pour un usage exclusif en séjour de courte durée. La distinction que la plupart des hôtes oublient est la suivante : le plafond de 90 nuits s’applique aux locations d’un logement entier, mais une chambre privée louée au sein de votre propre domicile occupé n’est pas un meublé de tourisme au sens où l’entend la réglementation, et n’est donc pas soumise au plafond.

Les règles nationales autorisent la location d’une résidence principale jusqu’à 120 nuits par an. La Loi Le Meur permet aux villes de fixer un seuil inférieur. Paris a utilisé ce pouvoir et a réduit le plafond local à 90 nuits par an.

Cependant, ce plafond ne s’applique qu’à la résidence principale. Les biens secondaires ou d’investissement ne sont pas soumis au plafond ; ils nécessitent dès le départ une autorisation de changement d’usage.

Petit arbre de décision

  • Est‑ce votre résidence principale ? Oui → Vous vous enregistrez et pouvez louer le logement entier jusqu’à 90 nuits par année civile. Aucun changement d’usage n’est nécessaire si vous restez en dessous de 90 nuits.
  • Est‑ce une résidence secondaire / d’investissement ? Oui → Il n’y a pas de plafond de nuits, car la location courte durée n’est pas autorisée sans autorisation de changement d’usage et sans compensation, quel que soit le nombre de nuits prévues.

Autorisation de changement d’usage (résidences secondaires)

Si le bien n’est pas votre résidence principale, Paris considère la location courte durée comme une activité commerciale. Avant de publier une annonce, vous devez obtenir une autorisation de changement d’usage auprès de la Mairie pour convertir l’usage juridique du logement, de résidentiel à type hôtellerie. Cela s’ajoute à l’obligation distincte d’obtenir et d’afficher un numéro d’enregistrement.

Comment fonctionne la compensation

L’autorisation est subordonnée à la « compensation », c’est‑à‑dire que vous devez compenser la perte de surface résidentielle en transformant une surface non résidentielle équivalente en logement dans le même arrondissement.

En pratique, les hôtes achètent des « titres de compensation » reflétant cette surface convertie, et les coûts sont déterminés par le marché selon l’arrondissement et l’immeuble plutôt que fixés par la ville.

Enregistrement et déclaration par les plateformes

Les locations de courte durée concernant votre résidence principale doivent être enregistrées en ligne, moment auquel un numéro d’enregistrement à 13 chiffres vous est attribué. Publier une annonce sur une plateforme en ligne sans numéro d’enregistrement expose à une amende pouvant atteindre 5 000 €. Toutefois, l’enregistrement n’est pas requis pour les chambres louées au sein d’une résidence privée.

En vertu des règlements de l’UE entrés en vigueur en 2026, les plateformes doivent collecter et vérifier les numéros d’enregistrement lorsque ceux‑ci sont requis, et communiquer régulièrement les données des annonces aux autorités.

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Réglementation européenne sur les locations de courte durée (2026) : ce qui change en mai 2026 et ce que les exploitants doivent faire

Sanctions à Paris

La Loi Le Meur a doublé le plafond de l’amende civile maximale pour changement d’usage non autorisé à 100 000 € par logement pour les procédures ouvertes après le 19 novembre 2024. Paris publie également un barème des sanctions pour des manquements spécifiques.

ViolationQuiSanction maximaleSource
Louer une résidence secondaire en tant que meublé de tourisme sans autorisation de changement d’usageHôte / propriétaireJusqu’à 100 000 € par logement, plus éventuelle pénalité journalière pouvant atteindre 1 000 € par jour et par m² jusqu’à mise en conformitéVille de Paris
Dépassement du plafond de 90 nuits pour une résidence principaleHôte / propriétaireJusqu’à 10 000 € pour chaque année où la limite est dépasséeVille de Paris
Absence d’enregistrement / numéro à 13 chiffres manquant sur les annoncesHôte / propriétaireJusqu’à 5 000 €Ville de Paris
Fausse déclaration ou dissimulationHôte / propriétaireJusqu’à 80 000 € et un an d’emprisonnementVille de Paris

La jurisprudence sous le nouveau plafond est encore en formation en 2026, mais les tribunaux ont déjà infligé des montants à six chiffres à des exploitations multi‑logements, y compris une amende record de 585 000 € à une « société civile immobilière (SCI) qui avait transformé un immeuble entier du 9e arrondissement en onze unités Airbnb ».

Exigences de sécurité et restrictions privées

  • Sécurité : la France exige au moins un détecteur de fumée (DAAF) par logement, et l’entretien en incombe au bailleur. Pour les logements accueillant des clients, ajoutez aussi des consignes d’évacuation claires.
  • Assurance : dans un immeuble en copropriété, souscrivez une assurance responsabilité civile couvrant les occupants payants. Les assurances habitation standard excluent souvent la location touristique.
  • Restrictions privées : le règlement de copropriété peut restreindre ou interdire la location touristique même si la Mairie l’autorise. Les clauses imposant un « usage bourgeois exclusif » (usage strictement résidentiel) sont courantes et ont été reconnues par les tribunaux contre les locations touristiques.
  • Boîtes à clés : Paris a interdit les boîtes à clés sur le mobilier urbain en 2025 et la ville les enlève lorsqu’elle en trouve.

Checklist pour l’exploitant

  • Confirmez d’abord votre statut (résidence principale vs secondaire). Cela détermine si vous relevez du plafond de 90 nuits ou du régime de changement d’usage et de compensation.
  • Obtenez votre numéro d’enregistrement à 13 chiffres et affichez‑le sur chaque annonce ; les plateformes le vérifieront et déclareront votre activité mensuelle.
  • Résidence secondaire : obtenez l’autorisation de changement d’usage avec compensation avant de publier une annonce.
  • Vérifiez si vous êtes classé ou non pour l’imposition et déclarez sous le bon régime micro‑BIC.
  • Consultez le règlement de copropriété et votre bail ou conditions de prêt pour détecter d’éventuelles restrictions privées avant de publier une annonce.
  • Souscrivez une assurance adéquate, y compris une responsabilité civile couvrant les occupants payants.
  • Mettez en place des mesures de bon voisinage. Un manuel de maison affiché et un capteur d’environnement intérieur réduisent les plaintes et vous fournissent des preuves horodatées en cas de litige.

Conclusion

La réglementation parisienne sur la location courte durée repose sur trois leviers. Premièrement, le plafond de 90 nuits pour les résidences principales louées en logement entier, une chambre privée dans une résidence occupée restant hors plafond. Deuxièmement, le changement d’usage pour les résidences secondaires avec des coûts de compensation qui varient fortement selon l’arrondissement. Troisièmement, une application renforcée : un plafond de 100 000 € par logement en vertu de la Loi Le Meur, des données mensuelles fournies par les plateformes et une brigade municipale dédiée. Si vous restez en dessous de 90 nuits pour votre résidence principale, enregistrez‑vous et tenez des dossiers clairs.

Si vous envisagez un bien d’investissement, calculez les coûts de compensation et vérifiez les règles de l’immeuble avant de publier une annonce. Pour les exploitations, commencez par des horaires calmes et un manuel de maison clair ; ajoutez un capteur d’environnement comme le Minut qui mesure le niveau de bruit pour détecter rapidement les problèmes et garder une trace horodatée si vous avez besoin de preuves.

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FAQ

Je loue seulement occasionnellement, ai‑je quand même besoin d’une autorisation de changement d’usage, ou le plafond de 90 nuits me couvre‑t‑il ?

Si c’est votre résidence principale et que vous louez le logement entier, le plafond de 90 nuits s’applique et vous n’avez pas besoin de changement d’usage tant que vous restez en dessous de cette limite. Si c’est une résidence secondaire, vous devez obtenir une autorisation de changement d’usage avec compensation dès la première nuit.

Les règles de copropriété peuvent‑elles m’empêcher de louer même si la ville l’autorise ?

Oui. Le règlement de copropriété peut restreindre ou interdire la location touristique, notamment lorsque des clauses d’« usage exclusivement résidentiel » s’appliquent.

Qu’est‑ce que le règlement (UE) 2024/1028 et comment affecte‑t‑il les hôtes parisiens ?

Depuis le 20 mai 2026, les plateformes doivent transmettre des données d’activité mensuelles pour chaque annonce à un portail national. Paris exploite ensuite ces données pour faire respecter son plafond de 90 nuits et ses règles de changement d’usage.

Avertissement

Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis juridique, fiscal ou de conformité. Les règlements évoluent et les interprétations locales peuvent varier. Consultez toujours les ressources officielles de la ville et du département, ainsi que des conseillers qualifiés avant de prendre des décisions opérationnelles ou d’investissement.